Guide CIR

Jeune docteur et CIR : le doublement supprimé en 2025

Le dispositif « jeune docteur » (doublement d’assiette à 200 %) est supprimé depuis le 15 février 2025. Ce qu’il permettait, ce qui reste éligible au CIR.

Par l’équipe Cireka · Mis à jour le

Le dispositif « jeune docteur » du CIR — qui doublait l’assiette (dépenses de personnel comptées à 200 % et forfait de fonctionnement à 200 %) pendant 24 moisn’existe plus. Il a été supprimé par l’article 55 de la loi de finances pour 2025, pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025.

Ce guide décrit ce que l’avantage permettait au passé. En 2025 comme en 2026, il ne s’applique plus : les dépenses d’un jeune docteur restent éligibles au CIR, mais au régime normal, sans doublement ni majoration. Un rétablissement avait été voté lors du PLF 2026 mais n’a pas été retenu dans le texte définitif (voir plus bas).

L’essentiel

Statut actuel
Supprimé dépenses exposées à compter du 15/02/2025
Ce que le régime doublait (historique)
200 % + 200 % personnel et forfait de fonctionnement, pendant 24 mois
Condition d’effectif (historique)
Effectif de recherche N-1 non-diminution du personnel de recherche salarié
Ce qui reste en 2025-2026
Éligible au taux normal salaire à 100 %, pas de doublement
Base légale de la suppression
LF 2025, art. 55 CGI, art. 244 quater B ; BOFiP BOI-BIC-RICI-10-10-20-20

Le dispositif tel qu’il existait, avant le 15 février 2025

Jusqu’au 14 février 2025, l’embauche d’un jeune docteur ouvrait droit à un avantage renforcé dans le CIR. Ce mécanisme est décrit ici au passé : il ne constitue pas un droit mobilisable pour vos dépenses actuelles.

Était visée toute personne titulaire d’un doctorat au sens de l’article L. 612-7 du code de l’éducation (ou d’un diplôme équivalent). L’avantage jouait au titre de son premier recrutement en CDI postérieur au doctorat, pour des fonctions liées à son niveau de qualification. Sur ce fondement, l’entreprise pouvait :

  • compter ses dépenses de personnel pour le double de leur montant (200 %) dans l’assiette du CIR ;
  • retenir un forfait de fonctionnement fixé à 200 % de ces dépenses de personnel (au lieu du taux de droit commun) ;
  • pendant les 24 premiers mois suivant ce premier recrutement.

Combinés, ces deux effets portaient l’assiette liée au docteur à environ 400 % de son salaire chargé sur la période. C’est ce très fort effet de levier qui faisait du dispositif une cible privilégiée des vérifications.

Les conditions cumulatives (régime historique)

ConditionPortée (telle qu’elle s’appliquait)
Contrat de travailUn CDI (contrat à durée indéterminée)
Premier recrutementPremier CDI conclu après le doctorat, apprécié au niveau du docteur — pas de l’entreprise — quel que soit le lieu (France ou étranger)
DiplômeDoctorat relevant de l’art. L. 612-7 du code de l’éducation
EffectifNon-diminution de l’effectif du personnel de recherche salarié par rapport à N-1

Deux points méritaient une attention particulière au stade du dossier justificatif. D’une part, le « premier » CDI s’appréciait sur le parcours du docteur : une première embauche post-thèse déjà intervenue ailleurs, y compris à l’étranger, faisait perdre le bénéfice. D’autre part, la condition d’effectif visait le personnel de recherche, et non l’effectif total de l’entreprise — une confusion fréquente.

À l’issue des 24 mois, les dépenses du désormais ex-jeune docteur étaient réintégrées au régime normal : personnel pris en compte à 100 % de son montant réel, forfait de fonctionnement au taux de droit commun.

La suppression par la loi de finances pour 2025

Le doublement a été supprimé par l’article 55 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (loi de finances pour 2025). La suppression vaut pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025. En cohérence, les commentaires administratifs correspondants (dont le rescrit sur la notion de premier recrutement) ont été retirés du BOFiP le 13 août 2025, et la version de l’article 244 quater B du CGI en vigueur au 1er janvier 2026 sur Légifrance ne contient plus ce doublement.

Une date qui commande tout : le 15 février 2025

Le partage se fait sur la date d’exposition de la dépense, pas sur la date d’embauche. Une dépense de personnel d’un jeune docteur exposée avant le 15 février 2025 pouvait relever de l’ancien régime (200 %) ; la même dépense exposée à compter du 15 février 2025 est prise en compte au régime normal, sans doublement — même si le contrat a été signé plus tôt. Vérifiez toujours l’exercice et la date d’exposition avant de retenir un montant.

Ce qui reste : les jeunes docteurs toujours éligibles, au taux normal

La suppression ne rend pas les jeunes docteurs inéligibles au CIR. Elle supprime uniquement le doublement d’assiette et la majoration du forfait. Concrètement, un docteur affecté à des travaux de R&D éligibles — c’est-à-dire levant un verrou scientifique — entre dans l’assiette du CIR comme tout chercheur :

  • ses dépenses de personnel sont retenues à 100 % de leur montant réel ;
  • le forfait de fonctionnement s’applique au taux de droit commun, soit 40 % des dépenses de personnel (75 % des dotations aux amortissements) depuis le 15 février 2025 — ce taux était auparavant de 43 %.

Autrement dit, ce qui disparaît, c’est l’avantage démultiplicateur, pas l’éligibilité de fond. Le montant du CIR d’une entreprise qui recrute des docteurs reste calculé sur une assiette réelle, à laquelle s’applique le taux du crédit. C’est l’un des changements que nous détaillons dans notre point sur le CIR 2025-2026.

La loi de finances pour 2026 n’a pas rétabli le dispositif

Des amendements au projet de loi de finances pour 2026 proposaient de rétablir un avantage jeune docteur, sous une forme voisine — de l’ordre de 230 % des dépenses de personnel pendant 24 mois, sous condition de maintien de l’effectif de recherche. Ces amendements ont été votés par l’Assemblée nationale en novembre 2025.

Mais ils n’ont pas été retenus dans le texte définitif. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a été adoptée sans reprendre cette mesure : l’article 244 quater B du CGI ne comporte aucun régime majoré pour les jeunes docteurs. La doctrine BOFiP, mise à jour après la promulgation (avril 2026), continue de décrire le dispositif comme supprimé depuis le 15 février 2025. Le doublement n’existe donc pas — retenez les dépenses des jeunes docteurs pour leur montant simple, et ne présumez pas le contraire.

Pourquoi le dispositif était (et reste) sensible au contrôle

Même supprimé, le sujet garde une valeur pratique : de nombreuses entreprises ont appliqué le doublement sur des exercices encore dans le délai de reprise de l’administration. Les points de vérification récurrents portaient sur la réalité du premier CDI post-doctorat (au niveau du docteur, expériences à l’étranger comprises), l’éligibilité du diplôme, le respect de la non-diminution de l’effectif de recherche N-1, et l’affectation réelle du docteur à des travaux de R&D éligibles — le tout devant être tracé dans le dossier justificatif. Pour les entreprises innovantes, ces mêmes questions se recoupent souvent avec le statut de jeune entreprise innovante et ses conditions d’éligibilité au CIR.

Chez Cireka, nous qualifions d’abord la réalité de vos travaux de R&D et la solidité de votre assiette, avant de vous mettre en relation avec le bon partenaire conseil. Un dispositif d’assiette ne vaut que s’il repose sur des dépenses éligibles et documentées : c’est cette base défendable qui survit au contrôle fiscal, bien plus qu’un effet de levier aujourd’hui disparu.

Questions fréquentes

Le dispositif « jeune docteur » existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Le régime historique (doublement de l’assiette à 200 % et forfait de fonctionnement à 200 % pendant 24 mois) a été supprimé pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025, par l’article 55 de la loi de finances pour 2025. Un rétablissement à 230 % a bien été voté par l’Assemblée nationale lors du PLF 2026, mais il n’a pas été retenu dans le texte définitif : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) ne réintroduit aucun régime majoré pour les jeunes docteurs. Le doublement n’existe donc pas.

Qu’est-ce qu’un « premier recrutement » de jeune docteur ?

C’est le premier CDI conclu après l’obtention du doctorat, pour des fonctions correspondant au niveau de qualification. La notion s’appréciait au niveau du docteur, et non de l’entreprise, et quel que soit le lieu du recrutement antérieur (France ou étranger). Un docteur ayant déjà occupé un CDI post-thèse ailleurs n’ouvrait donc pas droit à l’avantage.

En quoi consistait exactement le doublement d’assiette ?

Sous le régime historique, le salaire chargé du jeune docteur était compté deux fois (200 %) dans l’assiette du CIR, et les frais de fonctionnement associés étaient fixés à 200 % de ce salaire, pendant les 24 premiers mois. L’assiette combinée atteignait ainsi environ 400 % du salaire chargé sur cette période.

Quelle était la condition sur l’effectif ?

Le bénéfice était subordonné à ce que l’effectif du personnel de recherche salarié de l’entreprise ne soit pas inférieur à celui de l’année précédente (N-1). La condition portait sur l’effectif de recherche, et non sur l’effectif total de l’entreprise : c’est une nuance de contrôle importante.

Les dépenses des jeunes docteurs sont-elles encore éligibles au CIR ?

Oui. La suppression ne porte que sur le doublement et la majoration du forfait. Le salaire d’un docteur affecté à des travaux de R&D éligibles reste pris en compte dans l’assiette du CIR à 100 % de son montant réel, avec le forfait de fonctionnement de droit commun (40 % des dépenses de personnel depuis le 15 février 2025), comme pour tout chercheur.

Sources officielles

Contenu rédigé par l’équipe Cireka à partir de ces textes officiels (BOFiP, Légifrance, service-public, MESR). Il vaut information générale et ne constitue pas un conseil fiscal ; la doctrine évolue à chaque loi de finances.