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Baromètre du CIR · Édition 2025 — données 2023 (dernier millésime officiel)

Les chiffres du Crédit Impôt Recherche, réunis et sourcés.

Le CIR est la première dépense fiscale de l’État, mais ses chiffres restent dispersés entre le MESR, le PLF, l’OCDE et France Stratégie. Ce baromètre les rassemble en une lecture claire. Règle du jeu : chaque chiffre est daté et étiqueté « statistique officielle » ou « estimation », relié à sa source. Là où aucune série officielle n’existe, nous l’écrivons : « n.d. ».

Le CIR en 2023, en six repères.

  • 7,85 Md€

    Créance du CIR en 2023 (provisoire), en hausse d’environ 3 %/an sur dix ans.

    officiel MESR · 2023

  • 1ʳᵉ

    Dépense fiscale de l’État : ≈ 7,7 Md€ de coût budgétaire, rang 1 des dépenses fiscales.

    officiel PLF 2025

  • ≈ 65 %

    Part de l’Île-de-France dans la créance CIR-recherche. Les 4 premières régions : 86 %.

    officiel MESR · 2021

  • 23 526

    Bénéficiaires du CIR en 2023 (hors doubles comptes), pour 29 720 déclarants.

    officiel MESR · 2023

  • 4 338

    Jeunes entreprises innovantes (JEI) exonérées, pour 248 M€ d’exonérations sociales.

    officiel MESR · 2021

  • 500 M€

    Créance du crédit d’impôt innovation (CII), pour 10 688 PME bénéficiaires.

    officiel MESR · 2023

Une créance de 7,85 Md€, en hausse lente et régulière.

En 2023, la créance de CIR atteint 7,85 Md€ (millésime provisoire), contre 7,45 Md€ en 2022. Sur dix ans, elle progresse d’environ 3 %/an : une croissance lente, pas l’envolée que l’on imagine parfois. Côté budget de l’État, le coût constaté du CIR ressort à 7,25 Md€ en 2023 (réalisé, PLF 2025), et le dispositif reste la 1ʳᵉ dépense fiscale du pays.

Créance du CIR, 2019–2023 en milliards d’euros · barres à échelle pleine (base 0)
Créance du CIR de 2019 à 2023, en milliards d’euros La créance passe de 6,93 milliards d’euros en 2019 à 7,85 milliards en 2023, une hausse lente et régulière. 0 2 4 6 8 6,93 2019 7,14 2020 7,31 2021 7,45 2022 7,85 2023
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AnnéeCréance (Md€)
20196,93
20207,14
20217,31
20227,45
20237,85

Deux façons de compter les bénéficiaires. Le MESR recense 23 526 bénéficiaires en 2023 (dépenses déclarées : 26,975 Md€, dont 93 % de recherche). Le chiffrage budgétaire du PLF, lui, retient 15 507 entreprises : un périmètre et une méthode de comptage différents. Un écart à garder en tête quand on compare deux sources.

Un crédit très concentré, géographiquement et par taille.

Le CIR se veut universel, mais sa créance est fortement concentrée. L’Île-de-France capte à elle seule près des deux tiers de la créance CIR-recherche, et les quatre premières régions en rassemblent 86 %. Même concentration côté taille : les PME sont 81 % des bénéficiaires mais ne perçoivent qu’environ un tiers de la créance.

Part de la créance CIR-recherche par région, 2021 en % de la créance · les 4 premières régions = 86 %
Part de la créance CIR-recherche par région en 2021 L’Île-de-France représente environ 65 % de la créance, l’Auvergne-Rhône-Alpes 10 %, l’Occitanie 6 % et la Provence-Alpes-Côte d’Azur 5 %. Île-de-France 65 % Auvergne-Rhône-Alpes 10 % Occitanie 6 % Provence-Alpes-Côte d’Azur 5 %
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RégionPart de la créance
Île-de-France65 %
Auvergne-Rhône-Alpes10 %
Occitanie6 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur5 %
Autres régions14 %
Ventilation de la créance CIR-recherche par taille d’entreprise, 2023
Taille Part des bénéficiaires Part de la créance Repère
PME 81 % 31 % ≈ 2,2 Md€
ETI 15 % ≈ 28 % solde (calcul) calcul
Grandes entreprises 4 % 41 % ≈ 3,0 Md€

Source : MESR, « Le CIR en 2023 ». La part ETI est le solde arithmétique (100 − PME − grandes entreprises). À l’extrême, 33 bénéficiaires déclarant chacun ≥ 100 M€ de dépenses concentrent à eux seuls 25 % de la créance recherche.

Le CII : un dispositif PME, dix fois plus petit que le CIR.

Extension du CIR réservée aux PME, le crédit d’impôt innovation couvre la conception de prototypes et d’installations pilotes de produits nouveaux. En 2023, sa créance atteint 500 M€ pour 1,66 Md€ de dépenses déclarées et 10 688 PME bénéficiaires — un ordre de grandeur dix fois inférieur au CIR. La loi de finances 2025 a abaissé son taux de 30 % à 20 % (plafond de dépenses inchangé à 400 k€), tout en prorogeant le dispositif jusqu’au 31 décembre 2027.

La JEI en chiffres : 4 338 entreprises, 248 M€ d’exonérations.

Le statut de JEI ouvre surtout des exonérations de charges sociales sur les personnels de R&D. Sur le dernier millésime officiel disponible (2021), 4 338 unités légales en ont bénéficié, pour 248 M€ d’exonérations. Deux évolutions législatives récentes à retenir :

  • Seuil de R&D relevé à 20 %. La LFSS 2025 a porté de 15 % à 20 % la part minimale de dépenses de R&D dans les charges, pour les exercices clos à compter du 1ᵉʳ mars 2025. Entre 5 % et 20 %, la piste à explorer est plutôt la Jeune Entreprise de Croissance (JEC).
  • Exonération d’IS supprimée pour les créations récentes. Depuis la LF 2024, les entreprises créées à compter du 1ᵉʳ janvier 2024 ne bénéficient plus de l’exonération d’impôt sur les bénéfices ; les exonérations sociales, elles, sont maintenues.

Un tour de vis, mécanique et assumé.

La loi de finances 2025 rabote l’assiette et les taux sans toucher au taux principal du CIR (30 % jusqu’à 100 M€). Deux baisses de taux sont actées : le forfait de fonctionnement passe de 43 % à 40 % des dépenses de personnel (dépenses exposées à compter du 15 février 2025), et le taux du CII de 30 % à 20 %.

Deux taux abaissés par la loi de finances 2025 en % · avant (jusqu’en 2024) et après (LF 2025)
Baisses de taux introduites par la loi de finances 2025 Le forfait de fonctionnement du CIR passe de 43 % à 40 %. Le taux du crédit d’impôt innovation passe de 30 % à 20 %. 0 10 20 30 40 50 43 % 40 % Forfait de fonctionnement 30 % 20 % Taux du CII
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TauxAvantAprès (LF 2025)
Forfait de fonctionnement43 %40 %
Taux du CII30 %20 %

Combien cela rapporte à l’État ? Le rendement de l’ensemble des mesures CIR de la LF 2025 (forfait, jeune docteur, exclusions) est estimé à l’ordre de ≈ 450 M€/an estimation lors des débats parlementaires du PLF 2025. Nous n’avons pas pu confirmer, dans un texte officiel, un chiffrage précis de 440 M€ ni sa ventilation poste par poste : c’est un ordre de grandeur, pas une statistique arrêtée.

  • Crédit d’impôt collection : prorogé, non supprimé. Contrairement à une idée répandue, la LF 2025 l’a prorogé jusqu’au 31 décembre 2027 (art. 57), assiette inchangée.
  • Majoration « jeune docteur » : reste supprimée. Supprimée par la loi de finances 2025 (art. 55, dépenses exposées à compter du 15 février 2025). Un rétablissement partiel a été voté à l’Assemblée nationale lors du PLF 2026, mais il n’a pas été repris dans la loi de finances 2026 promulguée (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). À ce jour, la majoration reste supprimée. Statut susceptible d’évoluer.

La France, parmi les pays les plus généreux de l’OCDE.

Pour comparer les régimes entre pays, l’OCDE calcule un taux de subvention fiscale implicite de la R&D : l’allègement d’impôt obtenu pour un euro de R&D. Pour la France, il ressort à environ 36 % officiel OCDE aussi bien pour les grandes entreprises que pour les PME rentables (millésime 2023) — l’un des taux les plus élevés de la zone. Autrement dit, le CIR compense une fraction élevée du coût de la recherche : sa générosité n’est pas en cause, ce sont son ciblage et son contrôle qui font débat.

Valeur issue de la base OCDE « R&D Tax Incentives » (Corporate Tax Statistics 2025). Repère de cadrage ; la méthodologie OCDE diffère du calcul de la créance MESR.

Le trou noir : le contrôle fiscal du CIR.

Un baromètre honnête doit dire où s’arrêtent les données. Le point aveugle le plus frappant concerne le contrôle fiscal spécifique au CIR : il n’existe aucune série annuelle officielle publiée du nombre de contrôles, du taux de redressement, des montants rehaussés, des délais ou du contentieux. On ne dispose que de points datés, non reconductibles.

Contrôle fiscal du CIR — état des données disponibles
Indicateur Dernier point connu Série annuelle officielle
Contrôles CIR avec rectification 858 (année 2020) — CNEPI n.d. — pas de série publiée
Montant des rehaussements 146 M€ (année 2020) — CNEPI n.d. — pas de série publiée
Taux de redressement, délais, contentieux n.d. n.d. — pas de série publiée
Survie / créations des JEI récentes (post-2021) n.d. n.d. — pas de série dédiée

Les seuls repères disponibles sont des chiffres de cabinets (« taux de redressement ressenti »), invérifiables et non officiels : nous refusons de les présenter comme des statistiques. Cette zone d’ombre est, en soi, un signal : le risque de contrôle du CIR est réel mais mal documenté publiquement. C’est précisément pourquoi un dossier défendable compte plus qu’un gros montant affiché.

De la statistique à votre cas.

Ces chiffres décrivent le paysage. Pour votre entreprise, deux outils gratuits passent du général au concret — sans engagement.

D’où viennent les chiffres.

Ce baromètre ne produit aucune donnée nouvelle : il consolide et met en perspective des sources publiques. Nous distinguons strictement la statistique officielle (administration, publication datée) de l’estimation (chiffrage parlementaire ou de cadrage, ordre de grandeur). Aucun chiffre de cabinet privé n’est présenté comme officiel. Les données MESR sont diffusées sous Licence Ouverte 2.0.

Note de provenance — série de créance. Les valeurs 2022 (7,45 Md€) et 2023 (7,85 Md€) proviennent du tableau de la publication MESR « Le CIR en 2023 ». Les millésimes 2019–2021 sont lus sur le graphique d’évolution de cette même publication. Nous limitons volontairement la série aux cinq derniers exercices, là où la lecture est la plus fiable, plutôt que d’afficher une série longue reconstituée.

Cireka fournit des estimations techniques et un travail de synthèse documentaire, pas du conseil fiscal. Les chiffres cités engagent leurs sources, non Cireka. En cas de divergence, la publication officielle fait foi. Signalé une erreur ? Écrivez-nous à contact@cireka.fr.