Guide JEI

Liste des JEI : pourquoi l’annuaire officiel n’existe pas

Il n’existe pas de liste officielle des JEI : le statut est auto-déclaratif. Comment prouver et sécuriser votre statut grâce au rescrit fiscal.

Par l’équipe Cireka · Mis à jour le

Vous cherchez la liste officielle des Jeunes Entreprises Innovantes, un annuaire ou un registre où vérifier qu’une entreprise est bien JEI ? La réponse honnête est simple : cette liste n’existe pas. Le statut de JEI est auto-déclaratif. Aucune administration ne tient de registre public, ne délivre d’agrément préalable, et il n’y a aucune « inscription » à effectuer.

Concrètement, une entreprise est JEI dès lors qu’elle remplit les conditions posées par l’article 44 sexies-0 A du CGI — pas parce qu’un organisme l’aurait inscrite quelque part. Pour prouver et sécuriser ce statut, il existe en revanche un outil précis : le rescrit JEI.

L’essentiel

Liste / annuaire officiel
N’existe pas aucun registre public des JEI
Nature du statut
Auto-déclaratif CGI, art. 44 sexies-0 A
Agrément préalable
Aucun pas d’inscription ni de label
Preuve / sécurisation
Rescrit JEI avis préalable au SIE
Délai de rescrit
3 mois silence = accord tacite (LPF, art. L. 80 B, 4°)
Opposabilité
Fiscale ET sociale y compris à l’URSSAF

Pourquoi il n’existe pas de liste des JEI

Le statut de Jeune Entreprise Innovante n’est pas un label attribué par une autorité. C’est un régime déclaratif : l’entreprise apprécie elle-même si elle remplit les conditions (ancienneté, taille PME au sens de l’UE, détention du capital, part des dépenses de R&D dans les charges, caractère réellement nouveau de l’activité), puis applique le régime dans ses déclarations.

Il n’existe pas de liste officielle des JEI

Aucune administration — ni le ministère, ni Bpifrance, ni l’URSSAF — ne publie de liste, d’annuaire ou de registre des Jeunes Entreprises Innovantes, et personne ne « labellise » les JEI. Le statut se prend, il ne se demande pas. Si un site vous propose de « vérifier une entreprise dans le registre JEI » ou de vous y « inscrire », méfiez-vous : ce registre n’existe pas.

Cette logique déclarative a une conséquence directe : la charge de la preuve pèse sur l’entreprise. En cas de contrôle, c’est à elle de démontrer qu’elle réunissait bien toutes les conditions. D’où l’intérêt de documenter son statut — et, si possible, de le faire valider en amont.

Comment prouver et sécuriser son statut : le rescrit JEI

Le bon réflexe n’est pas de chercher une liste, mais de constituer une preuve opposable. L’outil dédié est le rescrit fiscal spécifique aux JEI, dit rescrit JEI.

Il s’agit d’une demande d’avis préalable adressée au service des impôts des entreprises (SIE), rédigée sur le modèle publié au BOFiP. L’entreprise y expose sa situation et demande à l’administration de confirmer qu’elle relève bien du statut JEI.

Le mécanisme de l’accord tacite

L’administration dispose de trois mois pour répondre. Point essentiel : son silence pendant trois mois vaut accord tacite (LPF, art. L. 80 B, 4°). Autrement dit, l’absence de réponse n’est pas un rejet — c’est une validation implicite du statut, que vous pourrez opposer par la suite.

Une opposabilité fiscale ET sociale

Le rescrit JEI présente un intérêt décisif : la position prise par l’administration est opposable à l’URSSAF. Il sécurise donc à la fois le volet fiscal et le volet social du statut (exonérations de cotisations patronales). C’est ce qui en fait, à défaut de tout registre public, la meilleure preuve documentaire du statut JEI.

Le rescrit est facultatif, pas préalable

Deux idées reçues à écarter :

  • Le rescrit n’est pas obligatoire. Le statut étant auto-déclaratif, vous pouvez l’appliquer sans avoir déposé de rescrit. Ce dernier est un outil de sécurisation, pas une autorisation d’entrée dans le régime.
  • Le rescrit n’a pas à être préalable. La demande peut être déposée même après le début de l’activité. Vous pouvez donc sécuriser votre statut en cours de route, pour figer la position de l’administration avant un éventuel contrôle.

En pratique, le rescrit reste vivement recommandé : il transforme une appréciation que vous portez seul en une position opposable, sur les deux volets.

Ne pas confondre avec l’agrément CIR

La confusion est fréquente : puisqu’il n’y a pas de liste JEI, certains croient que l’agrément CIR en tiendrait lieu. Ce n’est pas le cas.

L’agrément CIR, lui, existe réellement : il est délivré par le ministère de la Recherche (MESR) et concerne la sous-traitance de R&D. Il permet à un prestataire de rendre ses factures éligibles au Crédit Impôt Recherche de ses clients. Il n’a rien à voir avec le statut JEI : ni le même objet, ni la même administration, ni le même bénéficiaire. Pour ce sujet, voyez notre guide de l’agrément CIR.

Pour comprendre les conditions à réunir avant de vous déclarer JEI, reportez-vous au guide du statut JEI ; pour les avantages concrets, au guide des exonérations JEI.

Points de vigilance

  • N’imaginez aucun registre. Se dire « je ne suis pas sur la liste, donc je ne suis pas JEI » — ou l’inverse — n’a aucun sens : la liste n’existe pas.
  • Ne présentez pas le rescrit comme obligatoire. Il sécurise, il ne conditionne pas l’accès au statut.
  • Ne confondez pas rescrit JEI et agrément CIR. Le premier valide un statut (JEI), le second sécurise la sous-traitance de R&D. Deux démarches, deux finalités.

Chez Cireka, nous commençons toujours par qualifier votre situation — conditions JEI réellement réunies ou non — avant de vous orienter vers le bon partenaire conseil pour sécuriser le statut par un rescrit.

Questions fréquentes

Où trouver la liste officielle des JEI ?

Nulle part : elle n’existe pas. Le statut de Jeune Entreprise Innovante est auto-déclaratif (art. 44 sexies-0 A du CGI). Aucune administration ne publie de registre ni d’annuaire des JEI, et aucun agrément préalable n’est délivré. Ni Bpifrance, ni l’URSSAF, ni le ministère ne « labellisent » les entreprises.

Comment prouver qu’on est bien JEI ?

En sécurisant son statut par un rescrit JEI : une demande d’avis préalable adressée au service des impôts des entreprises, sur le modèle fourni par le BOFiP. La réponse (ou l’accord tacite) est opposable à l’administration, y compris à l’URSSAF pour le volet social. C’est la meilleure preuve documentaire, à défaut de tout registre public.

Quel est le délai de réponse d’un rescrit JEI ?

L’administration dispose de trois mois pour répondre. Passé ce délai, son silence vaut accord tacite : le statut JEI est réputé validé (LPF, art. L. 80 B, 4°). Cet accord vous est ensuite opposable en cas de contrôle, sur le volet fiscal comme social.

Faut-il une autorisation avant d’appliquer le statut JEI ?

Non. Le statut est auto-déclaratif : vous l’appliquez dès lors que vous remplissez les conditions, sans démarche d’inscription ni agrément. Le rescrit JEI est facultatif ; il sert à sécuriser. Il n’a pas à être préalable et peut être déposé même après le début d’activité.

« Liste JEI » et agrément CIR, est-ce la même chose ?

Non, ce sont deux sujets distincts. Il n’y a pas de liste JEI. L’agrément CIR, lui, existe réellement : il est délivré par le ministère de la Recherche et concerne la sous-traitance de R&D, pas le statut JEI. Un prestataire agréé permet à ses clients d’intégrer ses factures dans leur assiette CIR — cela n’a aucun rapport avec le fait d’être une Jeune Entreprise Innovante.

Sources officielles

Contenu rédigé par l’équipe Cireka à partir de ces textes officiels (BOFiP, Légifrance, service-public, MESR). Il vaut information générale et ne constitue pas un conseil fiscal ; la doctrine évolue à chaque loi de finances.